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la crise
théâtre de carouge et arsanté, 8 décembre 2024
(évènement organisé pour le compte d'Arsanté)

Une soirée en 4 temps

La soirée de fin d'année d'Arsanté, vous propose quatre moments, ce dimanche 8 décembre 2024:

  • le spectacle, tout d'abord et surtout;

  • un après-spectacle, dans la salle, animé par Jean Liermier et Philippe Schaller (merci de rester dans la salle à l'issue du spectacle);

  • une partie dinatoire, dans le foyer du théâtre;

  • et, entrecoupant cette partie dinatoire, une visite du théâtre (loges, coulisses, atelier des décors), par petits groupes (bracelet remis à l'accueil).

 

Face à la crise, que faire ?
Comment, à notre échelle, pouvons-nous répondre aux fractures de la société et redonner du sens à notre engagement ?

En tant que soignants, en tant que membres de cette grande famille qu’est Arsanté, nous avons des outils précieux à portée de main: notre humanité, notre savoir-faire, nos compétences… et, surtout, notre écoute.

 

Arsanté: un souffle d’espoir

Le nom d’Arsanté n’a d’ailleurs pas été choisi par hasard. S'il a pu faire sourire au début, il portait dès le départ une ambition claire: insuffler un espoir dans un système de santé en crise, parfois illisible, et qui, trop souvent, s’éloigne de ses valeurs essentielles.

Notre ambition est simple: être une organisation qui ne se contente pas de soigner, mais qui accompagne véritablement les personnes. 

L’art, rempart face aux crises

Toni Morrison, une écrivaine et militante, l’a écrit avec force:

« C'est précisément le moment où les artistes refusent le désespoir. […] C'est précisément le moment où l'on se souvient que toute véritable vie est en quête de liberté. […] C'est précisément ce moment où les écrivains, les peintres, les danseurs et les musiciens se mettent au travail. »

Aujourd’hui, ces mots résonnent plus que jamais. Dans un monde où les crises s’enchaînent – pandémies, guerres, montée des nationalismes – l’art reste un espace de résistance. Il éclaire ce qui semble insurmontable. Il transforme la douleur en espoir. Il redonne à l’humanité un sens et une direction.

 

Un merci collectif et un regard vers l'avenir

Comme les artistes à la fin d’un spectacle, qui rappellent que rien n’existe sans ceux qui travaillent dans l’ombre, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui font vivre Arsanté. Vous êtes les véritables bâtisseurs de cette organisation. Sans vous, Arsanté n’existerait pas.

Que cette soirée du 8 décembre soit une belle occasion de regarder vers 2025 avec optimisme.!

 

Dr Philippe Schaller 

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paysages sonores
arsanté, 4 avril 2023
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le malade imaginaire
théâtre de carouge et arsanté, 16 décembre 2022

MOT DE JEAN LIERMIER, METTEUR EN SCÈNE DU MALADE IMAGINAIRE ET DIRECTEUR DU THÉÂTRE DE CAROUGE

Bienvenue aux membres et ami·e·s de l’équipe du groupe Arsanté, vous qui nous faites l’honneur d’assister à cette représentation du Malade imaginaire et de partager un moment avec nous.

 

Pourquoi remonter cette pièce aujourd’hui, alors que nous l’avions joué début 2014, me direz-vous ? Entre temps, nous avons toutes et tous été frappé·e·s de plein fouet par la pandémie de Covid 19 et ses dégâts collatéraux, et aujourd’hui nous ne pouvons plus entendre la dernière œuvre de Molière de la même manière.

 

Dès le départ notre point de vue était qu’Argan était bel et bien malade, mais malade de son imaginaire, et nous souhaitions rendre compte au public de sa souffrance, de ses angoisses et de ses crises de panique afin de ne pas réduire le personnage à un simple caractériel. Mais surtout nous souhaitions éclairer ce que cette angoisse fondamentale le poussait à faire, terrorisé qu’il est par la maladie et la mort. Fragilisé, il s’en remet aveuglément à des tiers, au point de confiner sa fille aînée et de la promettre à un médecin, s’assurant ainsi égoïstement l’accès aux remèdes. Son médecin Monsieur Purgon le lui a dit et répété : s’il passe trois jours sans prendre ce qu’il lui a chèrement prescrit à travers moult clystères ou saignées, Argan est condamné. Il devient alors funambule, ayant foncé tête baissée dans un rapport de force et de domination avec son médecin préféré. Une jolie leçon pour la relation entre le soignant et le soigné...

 

Du point de vue de la médecine, s’opposeront deux visions : celle de Béralde, son frère, qui lui préconise qu’en cas de maladie il ne faut rien faire et s’en remettre à la nature. Et celle d’Argan, qui défend l’idée qu’un homme peut légitimement en soigner un autre.

Je ne peux que faire l’analogie avec les incertitudes dans laquelle nous avons toutes et tous dû nous frayer un chemin ces dernières années, individuellement le plus souvent : avec les mesures sanitaires, les nouveaux vaccins, les disputes parfois virulentes en famille, le système de santé au bord de la rupture, les morts non accompagnés par leurs familles, etc.

 

Mais ce qui est sublime, c’est que Molière arrive à nous faire rire de tout cela, lui qui est mort à l’issue de la 4ème représentation. La salle était "morte de rire" alors que lui mourrait vraiment, galvanisé par l’énergie que lui renvoyait la salle...

 

Les artistes ont eu de la peine à métaboliser ce qui nous arrivait -ce qui est compréhensible-, anesthésié·e·s et affairé·e·s que nous étions dans cette situation inédite à l’échelle mondiale.

 

Ce que je retiens de la dramaturgie de ce chef d’œuvre, c’est qu’à chaque fois que les personnages se trouvent dans une situation de vie inextricable, il passe par la fiction, par le théâtre pour dénouer les nœuds. Cléante, le jeune amoureux d’Angélique, se déguisera en maître de musique pour approcher celle dont il est tombé éperdument amoureux ; pour une leçon de chant improvisé où sous couvert de la fiction, la vérité pourra s’exprimer. Toinette jouera le médecin pour casser les certitudes d’Argan, tout en profitant de le brutaliser un peu par vengeance : le carnaval autorisant cela. Et enfin Argan lui-même devra contrefaire le mort, non sans inquiétude, pour mettre à l’épreuve sa seconde épouse Béline puis sa fille : la fiction au service de la vérité de la Vie.

 

À l’occasion de la pandémie, la culture a été considérée comme un bien non essentiel. Molière nous souffle le contraire, et dans ses derniers souffles de vie, il nous glisse à l‘oreille ô combien le Théâtre est un bien vital, au même titre que l’Enseignement et la Santé.

 

Mon rêve aurait été de voir aboutir les multiples initiatives réjouissantes qu’avec le docteur Philippe Schaller nous avions échafaudées : comme un centre de dépistage dans notre théâtre éphémère La Cuisine. Le projet a été avorté à cause d’un manque de vision des autorités sanitaires, il nous aurait permis de trouver notre place organique dans ce moment si douloureux, afin que nous puissions ensemble tisser à l’avenir des liens ludiques, fins et complémentaires.

Dans nos domaines respectifs nous œuvrons sur la notion du Care. Ensemble, avec nos forces vives de l’imagination réunies, le désir d’entreprendre, de faire du bien, nous pouvons inventer, pour les patient·e·s, leurs familles, les différentes équipes, à tous les étages, à tous les endroits, mais aussi pour le public dit "bien portant", une vision commune des intérêts fondamentaux de la Cité.

Je vous souhaite un très bon spectacle et une très belle soirée. Et vous dis "à l’avenir"!

Avec mes très chaleureux messages et bien à vous.

 

Jean Liermier

MOT DU DR PHILIPPE SCHALLER, AU NOM DU GROUPE ARSANTÉ

 

Quelle joie d’assister, avec vous, à cette pièce de Molière. À plusieurs titres.

Dans le lien qui nous unit à l’art, au Théâtre de Carouge et à son directeur, d’abord. Le thème de la pièce, ensuite. À la lecture du texte de Jean Liermier, vous avez pu en comprendre la saveur et la résonance avec notre quotidien de soignant.

 

Si, depuis le XVIIème siècle, la médecine a fait de beaux progrès, Béralde nous rappelle de garder une prudence toute hippocratique : "la nature d’elle-même quand nous la laissons faire, se tire doucement du désordre où elle est tombée. C’est notre inquiétude, c’est notre impatience qui gâte tout".

 

Le rapport de Molière à la médecine de son époque était moqueur, voire hostile : « les remèdes sont ou nuisibles ou inutiles ». Mais, comme le souligne Jean Starobinski, on trouve chez ce pourfendeur de la duperie quelques unes des plus belles illustrations de l’anthropologie médicale. Il nous force à explorer nos comportements.

Écouter l’imaginaire de nos malades, leur perception personnelle et individuelle, les images qu’ils se font de leur état de santé. Doit-on se priver d’une place à donner à l’imagination, en ce qu’elle est porteuse d’originalité, de nouvelles approches ou de possibles solutions à la maladie ?

 

La crise sanitaire traversée ces dernières années aura été révélatrice de bien des aspects de l’être humain et de la société. Libéré·e·s, nous pouvons à nouveau chanter, aller au théâtre et faire la fête ensemble, à l’occasion de soirées comme celle-ci et, ensuite, au quotidien, dans le prolongement de cet évènement festif.

 

Belle réconciliation du corps, de l’âme et de l’esprit... Arsanté confirme ici son désir de s’inscrire dans la promotion de l’art, sous toutes ses formes... et se rappeler que la parole des artistes est plus que jamais nécessaire, pour interroger nos émotions, notre quotidien et « imaginer » l’avenir.

 

Merci à Jean Liermier et à son équipe d’avoir permis cela, ce soir.

 

Philippe Schaller

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duo roccocco
arsanté (30e anniversaire), 22 juin 2022

Ecouter les artistes:

à l'occasion du 30e anniversaire d'Arsanté

A l'occasion du 40e anniversaire, le Dr Philippe Schaller a souhaité mettre en exergue 5 messages à porter par l'ensemble du groupe dans le futur:

 

  • transmettre nos convictions et informer nos patients des défis de la santé planétaire;

  • convaincre que la paix sera assurée lorsque l’être humain comprendra qu’il a intérêt au bonheur de l’autre;

  • contribuer au développement de ce monde en investissant sur l’économie sociale et positive.

  • avoir le courage et l’énergie pour vivre de multiples projets et réaliser nos rêves;

  • écouter la parole des artistes qui est plus que jamais nécessaire, pour interroger nos émotions, notre quotidien et penser l'avenir.

 

La parole des artistes

 

Comme tous les secteurs d'activité et pour tous les individus, les trente derniers mois, ont été émaillés de moments difficiles, de contraintes, de craintes, de découragements, de tensions … 

 

Malgré cela, Arsanté a, avec agilité et responsabilité, trouvé les ressources nécessaires pour offrir à la population régionale une réponse adaptée à la pandémie en proposant une vaccination rapide ainsi qu’un dépistage permettant d’orienter les décisions sanitaires. 

 

Que soient particulièrement remerciés toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisé-e-s pour répondre présent, au quotidien.

 

Cette expérience a confirmé la vitalité de notre groupe et sa capacité de résilience… Libéré-e-s, nous pouvons à nouveau chanter, danser, faire la fête ensemble, à l'occasion du 40e anniversaire du groupe et, ensuite, au quotidien, dans le prolongement de cet évènement festif.

 

Belle réconciliation du corps, de l’âme et de l’esprit… Arsanté désire s’inscrire dans la promotion de l’art, sous toutes ses formes… et se rappeler que la parole des artistes apparait plus que jamais nécessaire, pour interroger nos émotions, notre quotidien et penser l'avenir.

 

Eco-responsabilité

 

Arsanté a pris conscience de sa responsabilité à agir en faveur de la santé planétaire. Sous la houlette d'une des médecins de notre groupe - Caroline Werner - nous avons pris la mesure de notre rôle face aux enjeux climatiques. 

 

Il y aura, ces prochains mois, de nombreuses actions parfois avec de petits, parfois de grands impacts, mais toujours avec l'objectif de nous sensibiliser dans une démarche de transformation vers plus d’éco-responsabilité. 

 

Nous sommes une source d’information les plus fiables auprès de la population. Nous avons donc le devoir de transmettre nos convictions et informer nos patients des défis de la santé planétaire et, avec eux, nous engager à agir en faveur de modes de vie plus adaptés à l’équilibre des milieux sans lesquels nous ne pourrions exister.

 

Croire en l'homme

 

En cette période trouble nous devons continuer à croire en l’Homme !  En effet, l’être humain sait être capable du meilleur. 

 

Face au nombre croissant des nomades de la misère et face à une crise migratoire tragique et qui ne fait que commencer, il est de l’intérêt de tous de créer les conditions nécessaires pour que ces personnes forcées de quitter leurs régions puissent s’établir ailleurs et ne meurent pas de faim et aient, pour ce qui nous concerne directement, accès à la santé. 

 

La paix sera assurée lorsque l’homme comprendra qu’il a intérêt au bonheur de l’autre. 

 

(S')investir dans une économie sociale et positive

 

Il existe aujourd’hui un potentiel de croissance mondial gigantesque, nous ne sommes pas une société finie et vieillissante. Il n’y a jamais eu autant de capitaux à disposition, les progrès techniques sont fantastiques, la population globale est très nombreuse et très jeune. 

 

Mais, il est nécessaire d’instaurer des stabilités institutionnelles … et de mettre en place un système mondial d’économie positive, par le développement de la santé, de l’hygiène, de l’éducation, de la sécurité et de la durabilité. 

 

Arsanté, modestement, veut contribuer au développement de ce monde en (s')investissant dans une économie sociale et positive. 

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